Portrait de Gekay

“L’art dépoussière le quotidien” - Robert Doisneau

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Gekay se définit comme un “photographiste”. Il brouille les pistes en bousculant la notion d'échelle. “Entrez dans le détail”, peut-on lire sur la porte de son atelier...

A l’origine passionné d’architecture, infatigable voyageur, Gekay voit la ville en XXS. Son Rollei 6X6 en bandoulière, il scrute depuis le début des années 2000, les murs des villes qu’il photographie. Sa série “Fragments” propose une collection de détails, comme une œuvre graphique, qui une fois sortis du contexte, surprend, perturbe ou interroge. 

Admirateur du Pop  Art et du Nouveau Réalisme, ses clichés, souvent aux couleurs vives, capturés tel quel de leur support d’origine, font référence à Warhol et Villeglé.

Découvrez les Fragments de Gekay

La série “Fragments” propose des photos argentiques, mettant en exergue le détail. À la loupe ou au microscope, l'intérêt est de capter des morcellements de ce que l’on peut voir dans la rue : s’approcher, observer et retranscrire ces macros pigments, lambeaux d’affiches et éléments visuels des murs et façades de Paris, Londres, New York…
Les tirages de Fragments sont limités (15 exemplaires uniquement) signés et numérotés.

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Découvrez les Fragments Numériques

“Fragments Numériques” reprend les codes de “Fragments”. Le diable est dans les détails, on y retrouve cette même volonté d’immortaliser des moments colorés à l’excès, de chercher à transcender l’urbain qui nous entoure et d’y figer une saturation d’informations (collages, typographies, textures, couleurs…). “Fragments Numériques” va plus loin dans la démarche qui consiste à retravailler et retoucher numériquement chaque tirage.
Les tirages de “Fragments Numériques” sont limités à 100 et ne sont pas numérotés.

Les photographies de Gekay

S’inscrivent dans une lignée artistique peu orthodoxe.

Quand Raymond Hains et Jacques Villèglé arrachent leur premiers affiches et s’ imposent comme les pères de l’affiche lacérée en France, ils introduisent un genre artistique à part, l’affiche déchirée exposée en tant que tableau. Si l’art est une discipline secrète qui s’adresse avant tout aux initiés, ce court historique me semble nécessaire pour mieux regarder les images de Gekay  qui lui aussi se passionne pour la mémoire des murs. Les murs de Paris, de New York, de Venise. Ce photographe en fait tout un autre usage. Ses clichés se distinguent par un côté poreux, plus propre à la peinture qu’à la photographie. Gekay se penche sur des fragments « échantillons sortis de leur support et de leur contexte, images oubliées du regard » écrit-il. Cette manie du détail insignifiant mais véhiculant l’image d’une beauté fragile, prête à s’effilocher, nous « murmure » quelque chose à l’oreille et montre quelque chose à notre œil.

Ileana Cornea - Critique d'art